Etxea / La maison

LA MAISON

Qu’est ce qu’une maison forte ?

C’est à partir du dernier tiers du XIIe  siècle, que les textes signalent des édifices qualifiés de « fortis domus, fortalicium ». C’est l’apparition des maisons fortes, ou maison fortifiées. Ces édifices qui ne sont pas des châteaux sont plus qu’une simple résidence. Ce phénomène qui se poursuivra largement dans la première moitié du XIIIe siècle, prendra fin au début du XVIe siècle. Elles peuvent présenter l’aspect d’une maison solide, avec tours, ou avoir l’apparence d’une bâtisse, construite de bric et de broc. Elles sont souvent situées aux abords des bourgs, le long de routes principales ou à la frontière d’une grande seigneurie. Elles appartiennent à des cadets, à des parents ou à des alliés de grandes familles seigneuriales.

HISTOIRE

La vieille maison de Sainte-Marie, située sur l’ancienne route de Bayonne à Saint Jean Pied de Port a été bâtie sur l’ancienne frontière divisant la Navarre et l’Aquitaine – l’un des voies de pèlerinage pour Saint Jacques de Compostelle. Mentionnée dès 1249 (« sancta maria ») et en 1350 (« senta maria »), la maison porte encore les marques de son ancienne grandeur[1].

« Santa Maria » est une maison forte de plan rectangulaire (25m x 10 m (15m de haut)), à deux étages carrés, surmonté d’un toit à longs pans et pignon couvert. À l’est, la porte d’entrée est surmontée d’un fronton triangulaire brisé avec oculus ovale. Elle donne accès à l’ezkaratz, à l’intérieur duquel se trouve un escalier Renaissance tournant à retours en charpente, avec balustres en double poire. L’ouvrage est en parfait état de conservation. Une tête d’ange de style Renaissance est sculptée dans le limon de la première volée. Une seconde tête de même style est sculptée sur la rampe d’appui du premier étage. Cet ouvrage probablement du 4e quart du 16e siècle est d’une grande qualité et en parfait état de conservation. De chaque en  côté en rez-de-chaussée deux pièces imposantes avec meurtrières et cheminées à corbeaux en quart-de-rond. Au 19e siècle, l’élévation latérale sud, sous le pignon, devient la façade principale. Des ouvertures sont alors percées. A l’étage des grandes fenêtres à croix témoignent de remaniements datant de l’époque de la Renaissance.

ACTUALITE

En 1883, Pierre Haristoy décrit Santa Maria comme « près de tomber en ruine ». » [2] La maison connu des propriétaires et locataires successives avant d’être racheté en 1961 par la famille Forward et Pitts-Tucker et ce n’est qu’à la fin du 20e siècle, que le fils, Anthony Pitts-Tucker entreprend sa restauration.

Depuis les travaux, la maison offre un réel potentiel de développement, possédant une importante capacité de logements et de nombreux espaces dédiées à la collectivité. Aussi, les terrasses aménagées permettent l’accueil du public et l’amphithéâtre de verdure peut accueillir plus de cent personnes. Enfin, sa situation proche du centre du village ainsi que la vue magnifique depuis ses terrasses donnant sur le mont Baïgura ne sont que quelques arguments justifiant l’envie de la partager.

Depuis 2009, « Santa Maria » s’associe avec l’association culturelle SOROPILA afin d’offrir ses espaces pour le déroulement des événements culturels organisés par l’association.

 


[1] Monographies et renseignements historico-généalogiques sur les maisons nobiliaires des trios provinces basques cis-pyrénéennes. Troisième Fascicule. Chapitre Premier : Basse Navarre. pp.333-334.

[2] Pécheux Barbara – rédactrice du Conseil régional d’Aquitaine – Service chargé de l’inventaire

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